La Révolution fut un tournant important de l’histoire de La Foye, une période au cours de laquelle beaucoup d’excès et destructions furent à déplorer.
La paix fut cependant longue à revenir, car, après les troubles révolutionnaires, il fallut contribuer aux efforts des guerres Napoléoniennes. Mais cette période de l’Empire fut prospère car dégagée de la tutelle du prieuré.
La commune s’étend avec le développement des fermes. La plupart habitent au bourg de La Foye, mais tout autour les villages de Treillebois, Limouillas, et du Puyroux se développent, ainsi que quelques hameaux comme La Minauderie et la Grand Foye.
Au début de La révolution, en 1791, les revenus du prieuré provenant du blé seront trois fois supérieurs (2429 livres) à ceux du vin (700 livres), auxquels il faut rajouter les revenus de la paille et de la balle (150 livres). Dans ce même relevé de comptes on lit que son moulin à vent fournit de la farine aux habitants, ce qui rapporte 400 livres.
A cette époque, bien qu’ayant beaucoup perdu de son influence et importance, le prieuré continue de dominer l’organisation des terres.
A la veille de la révolution, il possède le bois de La Foye et huit grandes fermes, parmi lesquelles la ferme de Sainte Geneviève, de Verinne et celle de la Mirauderie. L’ensemble constitue la « ferme générale », souvent appelée le « Duché Pairie de La Foye ».
En 1788, le prieuré est considéré comme l’un des plus riches du Poitou, avec un revenu de 10000 Livres. A la veille de la révolution, il est dirigé par l’abbé Jean-Chrysostome-Louis Müller, un alsacien, également chanoine de Wissembourg (Alsace).
C’est un vaste ensemble comportant plusieurs bâtiments dans le bourg de la Foye, et il y faut du personnel. Dans les registres on note un Pierre Rousseau, meunier au moulin du prieuré, un Pierre Lamiau, tonnelier en charge du cellier, une Françoise Rousseau, servante domestique, et un Jean Boucher, domestique. En 1733 on note un Louis Marchereau, valet journalier au prieuré.
Il y a aussi les fermiers du prieuré, tel Alexandre Coutureau, métayer de Sainte Geneviève en 1733, ou Pierre Pellerin en 1746.
Mais le statut de prieur, rattaché à l’église et exempté de taxe, fera des envieux dans une période ou la plupart des habitants demeurent pauvres. Dans le cahier de doléances de 1789, les habitants se plaindront que « le prieur-châtelain est en même temps un gros décimateur ».
Sous la domination des Jousseaume et des Bastard
Au début des années 1700, le prieur de La Foye est François du Poirier de Vallois, également prieur de Melle et vicaire général de Poitiers. Pour diriger les domaines du prieuré, il a choisi un notable de Mauzé, Jacques Jousseaume. Un de ses fils, Louis-Isaac, sera chirurgien et habitera La Foye. En 1735, Jacques doit demander demande la permission du prieur pour marier sa fille Elisabeth.
De son coté, Isaac Bastard, issu d’une famille de protestants établie à Mauzé depuis le début des années 1500, est un fermier général ambitieux et stratège qui cherche à développer sa fortune. Il. Quoi de mieux pour s’enrichir que de prendre sous contrôle l’une des grandes fermes du « Duché Pairie de La Foye », celles-ci étant considérées comme parmi les plus riches de la région.
Après avoir hérité de la terre de Crisnay, d’une métairie à Granzay, puis pris en fermage plusieurs terres à Frontenay, Bastard, âgé de vingt-six ans, épouse en septembre 1738, Marie, la fille de Jacques Jousseaume.
Celle-ci lui apporte en dot « la charge » de la grande ferme de Sainte-Geneviève qui est alors exploitée par un métayer : Jean Périer. Le 20 mars 1743 Jacques Jousseaume décède à l’âge de 64 ans.
Isaac Bastard de Crisnay habitait à La Foye ou possédait deux maisons, dont son habitation le « petit logis ». A sa mort en 1787, il régissait la quasi-totalité d'un vaste territoire autour de la Foye, incluant la ferme du prieuré.
Son fils François reprendra la succession. Lors de la révolution, celui-ci continuera à toucher l’intégralité des revenus du prieuré, payant seulement à d’autres, dont la Nation, le loyer versé antérieurement au clergé. Aucun des Bastard ne seront jamais suspectés. Bien plus, ce seront eux qui, tant à La Foye qu’à Prissé, seront nommés aux premiers postes municipaux nouvellement créés.
Né à Paris, ancien Oratorien et janséniste redoutable, rude, intransigeant, et d’un caractère bien trempé, Le Père Bory acquerra une grande réputation et passera pour un saint aux yeux de ses paroissiens « parce qu'il couchait sur des javelles et de la cendre ». En complément de l’office et du registre paroissial, il assurera l’école pour les enfants de la commune, comme c’était la mission du clergé à cette époque. En fait seuls les enfants de « notables » y iront.
A l’approche de la Révolution, Bory deviendra un voltairien décidé. Il semble que ce soit lui qui fut le secrétaire de l’assemblée municipale de La Foye, en rédigeant et signant les comptes rendus de réunion (1er registre des délibérations).
Il se fera remplacer en Juin 1789 par Claude-Martin Desprès comme curé de la paroisse. Celui-ci sera assisté d’un sacristain Pierre Geoffriau, marié avec Marie Arnaud, et qui officiera entre autres pour les enterrements.
Il continuera à signer « ABORY » les registres de temps à autre jusqu’en 1793, mais cette fois-ci en tant que simple prêtre.
Un poste de garde sera établi au centre de la rue principale du bourg de La Foye. On peut encore y voir l’inscription à coté de la porte.
C’est le poste de police qui est tenu par un « sergent », assisté de plusieurs hommes de garde. Il est probable que ceux-ci seront de jeunes « journaliers » devant à tour de rôle rendre le « service militaire » au prieur-seigneur.
En 1734, c’est un certain Jean Brillonet, qui est sergent de la « châtellenie de La Foye ».
En 1765 on trouve un Mathurin Delavault, sergent de la « seigneurie de La Foye ».
En 1780 on relève le nom d’un Charles Jolly, garde.
En 1788 c’est un Thomas Billy « garde sergent», habitant au Cormenier.
Puis au début de la Révolution, on instaurera une « garde nationale », sous la direction de François Bastard.
Rattaché au poste de garde il y a également le garde du bois de La Foye. En 1732 on note que ce poste est tenu par François Réchin puis par Jean Réchin son fils, famille de notaires à La Foye.
On note aussi des magistrats: Jean-Baptiste Delavault, huissier royal, procureur du roi de la châtellenie de La Foye, et Jean-René Isaac-Guillaume Corbineau, procureur d’office de la châtellenie de la Foye.
Certains viendront de très loin pour s’y établir, comme André-Augustin Vien, huissier au châtelet de Paris, qui y marie sa fille Magdeleine avec Henri Jousseaume. Il occupe une maison bourgeoise de La Foye, et a un domestique: Louis Nervoir.
On note aussi Graire d’Aulnay « juge sénéchal de police civile et criminelle en la châtellenie de la Foye Monjault », vient de Niort.
Et il y a Jean-Philippe Clerc Duffiefranc « conseiller du Roi et de monseigneur le Comte d’Artois, frère du Roi, Lieutenant au siège royal de la maîtrises des eaux et forêts de Niort, de la paroisse de Saint André de Niort, fils d’Alexis Clerc Duffiéfranc, conseiller du Roi du Roy ». Le 18 juin 1787, Celui-ci épouse à La Foye, Jeanne-félicité, fille d’Isaac Bastard de Crinay « seigneur châtelain de Péré, la Mothe, la Chaffotiere et autres lieux. Ce sera un grand évènement, d’ailleurs les registres y consacrent une pleine page.
De leur coté, certains fermiers se sont enrichis et sont devenus des notables locaux, tels François-Augustin Rondeau. Ils savent lire et écrire, chose assez rare à l’époque, et parlent bien. Ce sont eux qui seront choisis pour représenter La Foye lors de la rédaction du cahier de doléance. Pour marquer leur aisance matérielle, ils se nomment « bourgeois ».
On retrouve les grandes familles des Nourigeon, Cuit, Bonneau, Gautreau, Sauvaget.... Il y a aussi les nombreux Arnaud, qui sont établis principalement à Treillebois.
A partir des années 1770, on commence à voir des « vignerons » mais ils ne sont pas riches. En 1786, on écrit que « les vins sont le seul fruit que récoltent les habitants, mais les droits qu’ils paient absorbent la plus grande partie des prix »
A Limouillas il y a un Pierre Michaud et Jean Papillon et son fil Louis. Charles Bergeronneau lui se dit « futier ».
Il y a des scieurs de long : Antoine Taillandier, Pierre Chambon, des menuisiers : François Dupond, Alexandre Grémeau, des charpentiers : Francois Pibaudeau, Jacques Sireau, Louis Baudin, Jacques Arnaud. Pierre Papineau, lui est sabotier et fabrique des sabots avec le bois de noyers, et Pierre-crépin Pineaud est cordonnier.
Il y a aussi des maréchaux ferrants, pour ferrer bœufs et chevaux: René et François Rimbaud, René et Issaac Louvrier.
Avec la laine des moutons, apparaissent les « cardeurs de laine »: Jean Deschamps et Pierre et Jean Bonneau.
On cultive aussi le chanvre qui permet de fabriquer des tissus rudimentaires. Il y donc a les tisserands : Pierre Isambard, François Geoffriau, à Treillebois la famille Bonneau (François et Louis), et à Limouillas un Jacques Vivier.
Il y a aussi des boulangers: Charles Sauvaget, Louis Gaboriau, Jacques Gilbert, Jacques Rabaud, un cabaretier (François Lesveque), et une aubergiste: la veuve Jeanne Archimbaud.
Il y a un médecin: Fleuriot, praticien au bourg, et enfin, pour éduquer les jeunes « notables », un précepteur: Jean Vachon.
Dans les registres on trouve un Pierre Subiraud dit la jeunesse, Jean Geoffret dit la ballade, Jean-Isaac Geoffrey dit touron, René Bochard dit canard, Jean Chaignon dit le petit, Mathieu et François Bonnin dits ténot, Pierre Burgault dit poirier, Jean Bonneau dit bonjean,
Chez les Guitteau il y a Jean dit Flandrin, et François dit Leboeuf.
Chez les Jousseaume, il y a Jacques dit Dubreuil et François dit Beaupré.
Les surnoms valent aussi pour les femmes: Marie François, dite La Vallière, Louise Allain dit pommier.
On relève un Jean Arnaud dit Bannoir, Jean Arnaud dit Charruyier, Jean Arnaud dit Vié. Un Jacques Arnaud dit Pointfou, Jacques Arnaud dit Bernuchon, Jacques Arnaud dit Berthelot, Jacques Arnaud dit Filassier, Jacques Arnaud dit Berlinet.
Enfin un Pierre Arnaud dit la Guigneraie et Pierre Arnaud dit le Brigadier.
Au long hiver de 1784, succède une grande sécheresse. En 1785 la récolte est quasi nulle. Il n’y a presque plus de grain à La Foye, c’est la grande disette. L’hiver de 1786 sera également très rude et causera de grands dommages aux cultivateurs. L’été 1788, achèvera leur ruine, la grêle détruisant une grande partie des récoltes. Et comble de malheurs, le grand hiver 1788-1789 amènera une disette telle qu’il faudra organiser des ateliers de charité.
En 1789, la récolte s’annonça si mauvaise que certains cultivateurs abandonnèrent leur exploitation pour ne pas payer les impôts.
Mais les récoltes de 1790 et 1791 seront bonnes, ce qui donnera pour 1791 un revenu important pour le prieuré, surtout au niveau récolte de blé. La misère et la famine seront sera le principal sujet des cahiers de doléances des habitants en 1789, et le désespoir sera un terreau fertile pour l’adhésion aux principes de la révolution.
Désireux de porter remède à une situation qu’il voyait chaque jour s’aggraver, Louis XVI, qui désespérait de vaincre l’opposition du parlement aux mesures proposées par Brienne, décida de convoquer les Etats généraux pour le moi de mai 1789.
Début mars 1789, les habitants de La Foye sont donc convoqués pour exprimer leurs doléances.
La convocation fut affichée à la porte de l’église et lue au prêche de la messe paroissiale, et c’est au son des cloches que les paroissiens se réunirent.
Ils se plaignent de la difficulté de la culture, de la sécheresse, et surtout de la lourdeur des impôts. Ils précisent que le seigneur de la paroisse est un prieur régulier de l'ordre de Cluny, qui en retire toutes les dîmes et terrages, tandis que le curé est réduit à une portion congrue, et ne peuvent subvenir au besoin des malheureux.
Le compte rendu fut rédigé par André-Auguste Vien, notaire-greffier.
Pour le tiers-état, deux délégués sachant lire et écrire, Augustin Rondeau et François Jousseaume, furent désignés choisis par les habitants de la commune pour porter à Niort le cahier de doléance de la paroisse.
Pour le clergé, ce fut l’abbé Müller, prieur de La Foye qui fut désigné pour représenter la paroisse. Le 20 mars 1789, il se rendit, à Poitiers, dans la salle des exercices du collège, ou se tenait une assemblée d’ecclésiastiques ayant pour objet la rédaction du cahier de doléance du clergé diocésain.
Le 14 décembre 1789, un décret de l’Assemblée Constituante institue une nouvelle division administrative du territoire. La décision est enregistrée au parlement le 20 mars 1790. Toutes les provinces sont divisées. La Constituante divise le Poitou (avec les provinces d'Aunis, Saintonge, Angoumois) essentiellement en cinq départements : Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente et Charente-Maritime. A partir du Poitou trois départements sont créés. « Oriental du Poitou », « Occidental du Poitou », et « intermédiaire du Poitou ». Après de nombreuses discussions on choisira des noms basés sur la situation géographique. Le 4 mars 1790, le département "Intermédiaire du Poitou" devient le département des Deux-Sèvres. Il reprend une partie du Poitou, de la Vendée, de l’Aunis et de la Saintonge. Le 16 septembre 1790, Niort sera choisi comme chef-lieu du département des Deux-Sèvres. Chacun des départements sera subdivisé en districts, les districts en cantons, les cantons en communes. Niort sera un district comprenant huit cantons, le septième étant composé des paroisses des communes de Beauvoir, La Foye-Monjaud, Le Cormenier, La Charrière, Thorigny, La Revetizon, Granzay, Grip et Marigny.
Malgré le fait que sa population soit beaucoup plus faible que celle de La Foye (300 habitants par rapport à 800), Beauvoir sera érigé en chef lieu de canton en 1790. Pourquoi La Foye n’a pas été choisie ? Punition du fait de son appartenance religieuse ?, ou tout simplement à cause de sa situation géographique, n’étant pas située sur un grand axe ?
A partir de cette date La Foye perdit le contrôle du Cormenier qui fut rattaché à Beauvoir.
François Bastard, précédemment garde de la châtellenie de La Foye, est à présent commandant de la garde nationale. Il est assisté d’une petite troupe, parmi laquelle Pierre Bonnin er François Barreau « garde de la paroisse ». Il est en charge de la paix civile, tâche difficile en une période ou les esprits s’échauffent, mais il n’est pas très favorable au mouvement insurrectionnel qui s’amplifie. Fleuriau, commis greffier, écrira « le 14 juillet 1790, il refuse de célébrer l’anniversaire de la prise de la Bastille à la tête de sa troupe, préférant se rendre à Niort. Ce jour là, il n’a point prêté le serment fédératif, et a même mis sous clé, en partant, le tambour de la compagnie »
L’année suivante, le 14 juillet 1792, il y aura une grande fête à La Foye. Un feu de joie sera allumé sur la place de l’église, en présence du maire, des officiers municipaux et de la plupart des habitants, drapeau en tête. Le curé sera invité à bénir le drapeau.
Une nouvelle organisation de la commune
Dès la création des départements, la Convention envoie des délégués pour mettre en place la nouvelle organisation. Une de leurs premières actions sera d’abolir le pouvoir ecclésiastique et le remplacer par un pouvoir laïc. A la Foye, Pierre Baudin, 49 ans, avait été nommé syndic de la paroisse en septembre 1789. Fin 1790, il sera maire.
Comme sans chaque commune, à La Foye on élit un conseil général de la commune. Seront élus officier municipaux un marchand dénommé François François, François Burgaud, Jacques Arnaud, et Jean-Philippe Clerc Duffiefranc.
En complément, on institue un procureur syndic, chargé de soutenir en toutes circonstances les intérêts de la collectivité communale. Dans les autres communes du canton, ce sont les curés qui seront nommés procureurs de leur commune, mais à La Foye ce sera André-Auguste Vien. Augustin Rondeau, lui, sera nommé greffier, avec un assistant Jeoffroy.
Et l’on nommera un garde champêtre: François Barraud.
Le 5 janvier 1790, aura lieu la première réunion de l’assemblée municipale. Le prieur, l’abbé Müller sera convoqué pour faire une déclaration des « biens, revenus et charges du prieuré, selon le bail passé à Poitiers le 3 décembre 1783 ».
« Aujourd’hui le vingt cinquième jour du mois de septembre de l’an mil sept cent quatre vingt onze, nous soussigné maire et Officiers municipaux de la paroisse, nous avons réglé ensemble le banc des vendanges, à savoir :
Mardy vingt sept du présent mois, sera ouvert pour vendanger premièrement, le fief du haut et bas Fairault et la plante aux moines, le petit fief des alleux de Treillebois, le petit fief Cormier.
Mercredy vingt huit du même mois, le fief du Chiron Magné, et chêne aux chiens, la selle Croix.
Jeudy vingt neuf ièsme du même mois : Chenaisse, Bossette, et Champ Berlin.
Vendredy trente ièsme jour du même mois, le Fief du Bouquet et le vieux Fief aux Chèvres, les plantes de Limouillas.
Samedy 1er premier octobre, le fief Couseau et le Fief au Gobe et la Brousse et le jeune Fief aux chèvres, Lormeau grillé.
Lundy, trois ièsme jour du même mois, le Fief des routes et Goulupate et la Motte.
Nous soussigné recommandons aux habitants de cette commune de ne pas sortir des fiefs sans payer les droits des fermiers. Les contrevenants seront punis suivant les ordonnances, faisant défense généralement quiconque de laisser entrer le bétail dans les Fiefs, enjoignons notre garde chassier de tenir la main.
Signé au registre Baudin maire, François Burgaud, officier municipal, Jacques Arnaud officier municipal, Geoffroy greffier »
Ces registres avaient été jusqu’alors entre les mains des curés des paroisses. Le maire est donc chargé d’en reprendre le contrôle.
Dans le registre du 9 Décembre 1792, on peut lire: « Nous, maire de la paroisse de La Foye, nous sommes transportés, assisté de notre secrétaire greffier, conformément au réquisitoire du procureur de la commune, en la maison presbitèrale, nous avons dressé un inventaire de tous les registres existants entre les mains du curé. Nous avons clos et signé le registre courant. Signé: Pierre Baudin, maire, A.Rondeau greffier »
On ne sait pas ou ces registres paroissiaux ont été entreposés, ou bien est-cve des suites des guerres de religions…..En tout cas, dans les documents versés aux archives, il manque des pages, certaines semblent avoir été brulées et une partie a été inondée (écriture illisible). Cela posera problème plus tard pour les mariages car l’acte de naissance y est requis. Il y aura régulièrement des recherches jusque dans les années 1830.
Par exemple le 26 brumaire an VII (17 novembre 1799), on effectue la recherche de l’acte de naissance de Catherine Baudin, « dans les états paroissiaux brulés ou détruits pendant la révolution ». N’ayant rien trouvé, on établit un « acte de notoriété » devant le juge de paix, en interrogeant les membres de la famille ou voisins qui l’ont connu, et qui signent. Cet acte sera ensuite annexé au registre d’état civil de la commune.
A partir de la reprise de l’état civil par le nouveau conseil, les actes deviennent beaucoup plus élaborés. Ils sont établis à la maison commune de La Foye, par Jean-Philippe Clerc Dufiéffranc, officier public, membre du conseil général de la commune de La Foye Monjault, élu le 2 décembre 1792. Les actes remplissent à présent une page. Chacun est citoyen, citoyenne et on parle d’enfant femelle et enfant mâle.
Le 30 Octobre 1793, nait à La Foye, son fils, Auguste-Alexandre Clerc Dufieffranc. Celui-ci sera Lieutenant de Vaisseau. Après ses 10 ans de services dans la Marine Royale à La Guadeloupe, il obtiendra une pension de la part de Louis Philippe.
Il semble que les convocations du conseil aient eu lieu sur la place devant l’église. Les habitants, eux, comparaissent en la salle publique de la maison commune. On n’en connait pas l’emplacement.
On note une accélération des mariages d’hommes des communes voisines (Usseau, Prissé, Vallans…) avec des filles de La Foye, phénomène déjà amorcé à partir de 1750. Certains viendront même de Niort ou du nord du département.
A partir de 1790 on assistera à un important brassage de population.
Jusqu’alors il était auparavant combattu par l’église.
Dès son autorisation, une habitante de La Foye en profitera.
Le 1er Thermidor an III (1795), Madeleine Baudin demande au maire le divorce d’avec René Gaboriau pour incompatibilité d’humeur et de caractère. Lui dit qu’il est prêt à l’accueillir à son domicile si elle accepte ses conditions.
On fixe des délais de conciliation. Et on nomme des conciliateurs : Pierre Baudin, maire, et François Barraud, garde Champêtre.
Le 12 Messidor an III, après expiration du délai, Les conciliateurs sont convoqués, ainsi que les parents des époux Ils déclarent qu’ils ont inutilement employé tous les moyens pour les amener à raison, sans succès.
Le 2 germinal an III, les époux sont convoqués, en présence des conciliateurs, d’André-Auguste Vien, juge de paix, François Delavaud, huissier public. Madeleine Baudin persiste dans sa demande de divorce.
Le 2 pluviôse an III, nouvelle convocation, sans succès. Finalement, le divorce sera prononcé le 25 nivôse.
La Convention décide par décret un an plus tard qu’une nouvelle ère est arrivée, et que le calendrier de la république démarrera à cette date.
Chaque année commence donc le 22 septembre à minuit. Chaque semaine fait 10 jours (une décade), chaque mois fait 30 jours et est rebaptisé. Et on rajoute 5 jours en fin d’année (les sans-culottides : Vertu, Génie, Travail, Opinion et Récompenses) pour arriver à 365.
A La Foye, à partir de mi-novembre 1792, les actes sont datés de l’an I de la république.
En Octobre 1793, la convention décide que le mot « Citoyen » devra être seul utilisé, les termes « Monsieur », « Madame » ou « Mademoiselle » rappelant trop l’ancien régime. On imposera également le tutoiement. Donc sur les actes de La Foye, chacun s’appellera désormais « citoyen ».
Le 24 Août 1793, le système décimal est étendu aux monnaies, et en 1795 l'antique Livre tournois et la monnaie de comptes seront supprimés. Ne subsistera comme unité légale que le franc, espèce fixe représentant une valeur immuable d'or et d'argent, et ses sous-multiples : les décimes et les centimes. A La Foye, les actes seront dorénavant taxés à 50 centimes (Voir registre).
Le 12 juillet 1790, est votée la Constitution civile du clergé, les prêtres doivent prêter serment à la Constitution. Ceux qui ne le font pas sont appelés prêtres réfractaires. Cette constitution veut que les évêques soient à présent élus par les membres de l’assemblée du département.
Jean-Joseph Mestadier, l’évèque Sans Culotte
Mestadier, a été baptisé à La Foye-Monjault, ou il était né le 3 février 1739. D’abord curé de Breuilles près de Saint-Jean d’Angely, au début de La Révolution, il fut élu évêque constitutionnel des Deux-Sèvres, poste qu’il occupa pendant deux ans et demi à Saint-Maixent qui était devenu le siège de l’évêché du département des Deux-Sèvres. Sacré à Bordeaux le 5 juin 1791, il se montra d’une rare incapacité. Il signait « Mestadier » ou Nestadier » ce qui faisait dire aux mauvaises langues qu’il ne savait même pas son nom.
Le 27 novembre 1793, alors âgé de cinquante quatre ans, il se démit de ses fonctions ecclésiastiques et se fit nommer notaire à Saint-Georges de Rex en avril 1795, mais n’y exerça pas. Il s’installa à Amuré en juillet 1795, puis à Coulon en mai 1796. En juin 1800, il obtint le poste de curé constitutionnel de Magné. Les habitants de Benêt eurent également recours à lui pour des baptêmes. Le dimanche il célébrait la grand-messe à Coulon. Le 22 décembre 1800, il y fut conseiller municipal, puis il se proposa comme maître d’école à Coulon le 6 mai 1801. Il succomba à une apoplexie le 4 octobre 1803.
Séduits comme tant d’autres par le mouvement révolutionnaire, le curé de La Foye, Claude-Martin-Desprès, prêtera le serment constitutionnel ainsi que la plupart des curés des communes environnantes mais il se rétractera par la suite.
Mais en 1793, les prêtres, suspectés de tiédeur, seront traqués. Beaucoup se réfugieront en famille et laisseront passer la tourmente révolutionnaire. L’abbé Müller, prieur de La Foye, lui, à refusé de prêter serment. Devant le danger, il choisira de s’exiler en Allemagne en Westphalie (Mayence ?), avec l'abbé Louis Melin, curé de Belleville. Le curé d’Usseau, André Azuret, lui, choisira de partir pour Paris, mais à son arrivée il sera dénoncé et emprisonné à la maison des Carmes (prison révolutionnaire). Il échappera de justesse au massacre en réussissant à s’évader.
A partir de fin 1793, il n’y aura plus aucune cérémonie du culte catholique. Desprès arrêtera d’officier le 5 janv. 1794. Il n’y aura plus de messe à La Foye jusqu’au début des années 1800.
A La Foye, le prieuré et ses terres seront vendus en tant que bien national. Dès le départ, les « notables » accompagneront le mouvement. Ayant plus d’argent que les simples métayers ou laboureurs, ce seront les premiers bénéficiaires de cette vente. Avec l’aide des notaires de la commune, ils s’arrangeront pour faire sous-évaluer le prix de biens et se porteront acquéreurs.
Dans la liste des acquéreurs, on trouve des propriétaires de La Foye comme Cuit, Benoit ou Gautreau. Mais certains viendront des communes environnantes, comme de La Perrière, propriétaire à Tesson, ou Limouzin, demeurant à Cran Chaban. D’abord simples « citoyens », certains d’entre eux occuperont par la suite une place de choix dans la direction de la commune.
Dans les actes de vente on peut lire :
Sont vendus comme biens nationaux :
1° Le prieuré de Ia Foye et dépendances, consistant en huit métairies, droits de terrage et comptant, vendus le 2 mars 1791 à Henri-Charles de La Perrière, de Prissé, ci-devant seigneur de Tesson,.......... 195.000 fr.
2° Trois journaux de terre, le fief des Plantes aux Moines, vendus le 4 avril 1791 à Cuit ...................... 520 fr.
3° Douze journaux de terre labourable, un quartier de pré, vendus Ie 5 mars 1791 à Bourgleau ....... 1.800 fr.
4° Une métairie et appartenances et dépendances, appelées « Sainte Geneviève », dépendant du prieuré de la Foye, vendue le 9 février 1793 à J. Limouzin .......... 34.200 fr.
5° Douze journaux, clos de fossés, situés au lieu dit « l’ancien champ de foire », vendus le 15 février 1793 à Philippe Clerc 9.050 fr.
6° Un moulin à vent et une pièce de terre, nommée « l’Ancien Champ de Foire », vendus le même jour à Gautreau ........................................... 6.000 fr.
7° La maison du petit logis et ses dépendances, vendues le même jour et au même....... 7.660 fr.
8° La maison du grand logis avec dépendances, vendues le même jour à Benoist ......... 20.200 fr.
9° Le pré de la cure, vendu le 24 messidor an IV (juillet 1796) à A.Vien …. 528 fr.
A cette date tous les biens du prieuré seront vendus.
De leur coté les Arnaud de Treillebois en profiteront pour acheter des prés appartenant à l’église du Cormenier.
Ce sera une décision judicieuse car Henri-Charles de La Perrière appartient à l’ancienne noblesse. Son titre est « Seigneur de Tesson, Torigny et Fief-Herbert, capitaine au régiment de Boulonnais-Infanterie, chevalier de Saint-Louis». Comme la plupart des nobles, il sera atteint de la loi des suspects et sera pourchassé puis contraint à l’exil. Séparé de sa femme, il fera partie de la liste des exilés de Juin 1792. L’ensemble de ses biens seront vendus (à bas prix), au profit de la Nation. Bastard en profitera.
De la Perrière servira dans l’armée des Princes en tant que colonel puis dans l’armée de Condé au commencement combat aux côtés des Autrichiens.
Puis ce sera la période de la terreur. La convention cherchera à imposer partout sa loi. Les registres d’état civil seront à en-tête du bonnet Phrygien dès début 1793 à La Foye.
En tête révolutionnaire des registres de La Foye en l’an III de la République (1793)
Ils représentent le gouvernement auprès des administrations, des districts et des communes. Ils sont chargés de surveiller l’application des lois et décisions de la Convention et de ses comités. Ils sont d’une redoutable puissance et dénoncent ceux qui n’obéissent pas. Il y aura de nombreux abus.
A la Foye, Pierre Geoffriau, marié avec une Marie Arnaud de Treillebois, est sacristain de l’église et officie au coté du curé Desprès. Depuis le début il fait preuve d’une grande ardeur révolutionnaire et de plus il sait écrire. Il est nommé Agent National de la commune de La Foye.
Après le 9 Thermidor an II (27 Juillet 1794), les Agents Nationaux qui ont participé à la terreur seront éliminés. Le 28 Germinal an III (7 Avril 1795), les Agents Nationaux sont supprimés. Plus tard, sous l’Empire, Pierre Geoffriau deviendra garde-champêtre.
A Niort, pendant 7 mois, de novembre 1793 à mai 1794, il y eut six cent exécutions capitales. La journée du 3 mars 1794, soixante six têtes tombèrent sous l’échafaud dressé sur la place de la Brèche. A priori, aucun habitant de La Foye n’eut à faire connaissance avec le rasoir national.
En juin 1794, la chute de Robespierre fera place à la convention thermidorienne, et s’en suivra une période plus apaisée.
En 1791, elle fut vendue à De la Perrière en même temps que le reste du prieuré. Après son exil, elle est confisquée au profit de la nation, et revient à la municipalité. Le curé, Claude-Martin-Desprès, ayant prêté serment à la constitution continuera d’y exercer la messe.
Mais en janvier 1794, les habitants pris d’une soudaine frénésie s’emparèrent du mobilier de l’église de La Foye et de la sacristie et y mirent le feu. Ils s’attaquèrent à l’église, détruisirent la voûte en pierre, renversèrent le clocher. Déposèrent la cloche qui fut brisée. Ouverte, elle sera laissée à l’abandon un certain nombre d’années et il n’y aura plus de messes.
Le curé Claude-Martin-Desprès, se réfugiera en famille. Il abandonnera la fonction de prêtre jusqu’au début de l’Empire.
En Juin 1931, au cours de travaux effectués pour une adduction d'eau près de l’église, on découvrira plusieurs fûts de colonne et une console du XVème siècle de style ogival flamboyant, qui témoigneront de vestiges d'une église monacale de style Roman. Il faudra attendre de nombreuses années avant que la municipalité prenne la décision de la reconstruire à partir des ruines, pour aboutir à l’église actuelle.
Lors d’une séance du 26 Brumaire An II (15 Novembre 1793), il proclame :
« La commune de La Foye-Monjault désire trouver un instituteur possédant bien les principes de l’écriture, lecture et arithmétique. Elle lui fournira un logement, et fera à un instituteur instruit, le sort le plus avantageux possible. Surtout, si étant marié, son épouse vouloit se charger de l’instruction des filles ; Pour la réunion de portion ou de totalité d’autres communes, le nombre des enfants qui fréquenteroient l’école pourroient être de 40 ou 50 au moins. Dès lors, la place d’instituteurs seroit assez lucrative »
C’est en ces termes que sera recruté le premier instituteur « laïc » de La Foye Monjault : Alexis Lantier, maître d’école.
Fin 1795 (An IV), Claude-Martin Després, ancien curé, deviendra instituteur, en continuité de la mission d’enseignement qu’il avait précédemment.
En 1809, ce sera Jacques Geoffroy qui sera nommé.
Cet avis parut sur le journal du département des Deux-Sèvres » le 15 Novembre 1793. Déjà à cette époque on pensait au regroupement de communes afin de rentabiliser l’établissement de classes.
La constitution de l’an III crée les municipalités de canton. Dans les communes, les maires, procureurs, officiers municipaux sont supprimés. Il n’y a plus qu’un agent municipal et un adjoint.
Le 6 novembre 1795 (15 Brumaire an IV), François Bastard, et nommé agent municipal par le conseil général du canton de Beauvoir, dirigé par son maire: Montanier.
Bastard remplace Jean-Philippe Clerc Dufiéffranc en tant qu’officier d’état civil. La maison commune est supprimée. Ce lieu « municipal » n’existant plus, il reçoit les citoyens à son domicile pour signer le registre. Dans les actes de mariage il est précisé que les publications des bancs doivent être affichées sur la « principale porte » de sa maison, dans le bourg de La Foye.
La transition ne se passe pas très bien. Jean-Philippe Clerc dans un acte de mariage du 25 Brumaire, se plaint que l’agent municipal et son adjoint ont refusé de remplir leur fonction, et doit donc les remplacer.
En août 1798 (Thermidor an VI (), ce sera Augustin Rondeau qui sera nommé agent municipal.
En mars 1799 (23 ventôse an VII), Augustin Rondeau, Pierre Baudin et Pierre Geoffriau seront nommés « commissaires » rattachés au canton de Beauvoir.
Président : André-Auguste Vien, notaire et procureur de la châtellenie de la Foye Monjault, en l‘absence de M. le Juge Sénéchal ordinaire et autres plus anciens postulant que lui.
Députés : Augustin Rondeau, et François Jousseaume.
Puisqu'il est permis aux habitants, manants et domiciliés de la paroisse de la Foye-Monjault de se jeter en ce moment aux pieds du trône de Sa Majesté, qu’ils peuvent représenter sans crainte ni sans aucun trouble à sa bonté toujours paternelle leurs besoins pressants, leur états tel qu’il est, les vexations qui, depuis trop longtemps, se commettent en leur paroisse et s’exercent journellement sur eux, qu’enfin le ciel paraît se déclarer en leur faveur et que le Roi, plein de compassion pour eux et attendri de leur malheureux sort, les appelle à lui, les invite et même leur ordonne, non seulement de découvrir quels sont leurs maux et quelle en est la source, mais qu’encore il daigne bien leur demander quels pourraient-être les moyens efficaces d’y remédier et ce, tant pour le particulier que pour le général.
Ces habitants, dis-je, réunis en cet instant par les officiers de l’assemblée municipale de cette province présidée par Me Augustin-André Vien, notaire et procureur de le Châtellenie du dit lieu de le Foye Monjault, en l'absence de Mr le juge Sénéchal ordinaire et autre plus ancien postulant que lui, le sieur François Jousseaume-Beaupré faisant la fonction de greffier, vu la mort du greffier ordinaire, après avoir prêté le serment au cas requis et pénétré comme eux du plus profond respect pour leur Auguste Souverain, avec une entière soumission à ses ordres et volontés, jaloux de correspondre autant qu'il est en eux à toutes ses vues bienfaisantes dans un double transport d’amour et de confiance, osent très humblement représenter à Sa Majesté en premier lieu;
Que [dans] le nombre des habitants, qui est environ de huit cents, il en est beaucoup très pauvres et ne vivant que de charité;
Que la paroisse de La Foye-Monjault est un sol très sec et naturellement stérile, qu’elle n’est arrosée en aucune de ses parties de ruisseaux. de rivières quelconques, que même très souvent et une partie de l’année on y est prive d’eau pour boire, ce qui notamment est arrive durant la cruelle et excessive rigueur de l'hiver de cette année ; que ce manque d’eau ordinaire, naturel et général prive les colons de pouvoir élever et nourrir du bétail d`aucune espèce et qu’ils ne peuvent par le moyen de l'engrais rendre leurs terres fertiles et abondantes ; que, pour lors, la seule ressource qui leur reste et le seul parti qu’ils aient à prendre pour tirer quelques avantages de leurs terres, est de les planter en vigne, quoique, par les raisons ci-dessus alléguées, elles ne vivent pas longtemps.
Les dits colons et habitants pourraient encore, ensemble, tirer quelques avantages des vins, seul fruit qu’ils récoltent, si les droits qu’on paye aux officiers des aides tant pour leur vente et enlèvement, que pour leur entrée en les autres provinces et pour le détail, n’en absorbaient la plus grande partie du prix.
Cette plainte peut et doit plutôt être regardée comme générale que comme particulière.
La dite paroisse de la Foye-Monjault se trouve, malgré cela, obligée de verser annuellement dans les trésors de Sa Majesté pour taille et capitation une somme de cinq mille et quelques livres; pour vingtièmes, neuf cent cinquante livres, et pour corvées, cinq cent quarante livres, ce qui fait au total, prés quelques livres, 6450 #. ; Cette somme excessive jointe encore aux frais annuellement faits et trop souvent réitérés par les huissiers des tailles, mettent la plupart des habitants et les réduisent à la plus étrange misère. La plupart des terres et la plus grande quantité payent la sixième et la huitième partie des fruits au seigneur qui se trouve prieur châtelain, gros décimateur, les chemins qui se trouvent dans la dite paroisse, dans toute la châtellenie, se trouvent très resserrés et point du tout conformes aux lois de Sa Majesté, il serait à désirer qu’il plût à Sa Majesté que les deniers qui sont annuellement payés pour contribuer aux corvées, fussent employés à faire réparer et arranger les dits chemins, du moins jusqu’à ce qu’ils fussent totalement praticables, ce serait un moyen de soulager un peu les pauvres qu’on occuperait à cet ouvrage, les dits habitants sentant trop et leurs faibles lumières et leur peu de connaissances, pour oser entreprendre d’avancer plus loin, cette raison les force de se taire surtout à la vue d’une matière aussi vaste, profonde et sérieuse, que celle qui se présente à traiter actuellement; ils se bornent à supplier Sa Majesté de daigner, en envisageant leur état, leurs besoins pressants et ceux de tout le Royaume, diminuer leurs impôts, supprimer les offices qui mettent des entraves au commerce et dont les droits qui ne font que vexer et accabler le malheureux tant dans l’enceinte de ses foyers que dans le faible commerce qu’il peut entreprendre au dehors ; rectifier et simplifier l’ordre judiciaire.
Ont, les dits habitants, la vive satisfaction de voir que ceux qui environnent et approchent Sa Majesté sont doués des plus profondes lumières et du plus grand amour pour le peuple; qu’ils mettent leur seule gloire et toute leur ambition à mettre sous les yeux de Sa Majesté la triste situation actuelle du Royaume, ses besoins pressants, et que, par un zèle non moins vif et ardent qu’humain, ils cherchent les moyens les plus propres à soulager la misère publique, à aller au-devant du bien de l’État et à concourir en tout et autant qu'ils le peuvent faire aux vues bienfaisantes et vraiment paternelles de Sa Majesté.
En cette douce et consolante idée, ils cessent leurs doléances, ils se retirent, laissant toujours au pied du trône, où ils sont prosternés, le cœur le plus attendri, le plus soumis et dévoué à leur Souverain et généreux Monarque; ils ne cesseront d’élever leurs mains vers le ciel et d’y adresser les vœux les plus ardents pour les précieux jours de leur auguste et insigne Libérateur, pour le bien de l’Etat et la prospérité du Royaume.
(Suivent 21 signatures, Celles de: Augustin Rondeau, et François Joussaume, députés; A. Vien, Notaire et procureur, faisant les fonctions de juge: en l’absence de Mr le. juge sénéchal ordinaire, etc.
Collationné par nous, commis greffier (Signé : Joussaume-Beaupré.)
A l’extrémité sud-ouest du département, les terres de La Foye ne furent pas prises sur la province du Poitou (telle que définie en 1780), mais sur les zones limites des provinces de l’Aunis et de la Saintonge, ce qui confère à cette région un caractère et un climat très particulier : sec l’été, humide l’hiver.
La Foye est fondamentalement tournée vers l’Aunis. L’été les ciels y sont lumineux comme sur la côte, et c’est la partie du département qui subit le plus l’influence de l’océan, et son vent d’ouest, parfois destructeur.
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